Un vendeur de camping-cars rafle 2 millions de dollars à Las Vegas

Bridlington, East Yorkshire. Brindlington est, l’une de ces petites villes côtières tranquilles britanniques au charme désuet. Ses plages, son port historique, sa vieille ville, Brindlington se situe dans le Yorkshire, région empreinte d’une histoire industrielle et minière, marquée notamment par la grève des mineurs (1984-1985) sous Margaret Thatcher. Que dire d’autre sur Bridlington sur si ce n’est que le tournage en 2016 de « La British Compagnie » d’Oliver Parker avec Catherine Zeta-Jones basée sur la série télévisée « Dad’s Army » y a eu lieu et que le peintre britannique David Hockney y possède une villa (sans absolument aucun cachet ni charme).

Las Vegas , Nevada. Son strip, sa Tour Eiffel, ses trompe-l’œil vénitiens, ses tables de jeu de Texas Hold’em ou Om     aha Hi Lo, son excentricité … Si le Yorkshire évoque un film de Ken Loach teinté comme toujours de réalisme social, Vegas est l’incarnation de l’argent et la démesure. Entre « Sin city » et le Yorkshire, il y a donc un grand pas, pas qu’a franchi il y a quelques mois un vendeur de camping-cars du Yorkshire …

En juillet dernier, avait lieu le « Main, » événement principal des championnats du monde de poker. Le World Series of Poker (WSOP) est un tournoi de No Limit Texas Holdem dont le prix d’entrée est de 10,000 dollars. Un tournoi qui a accueilli 7000 participants, parmi lesquels les plus grands joueurs du monde et deux français,  Antoine Saout et Benjamin Pollack qui se sont illustrés en finale.

À la table finale John Hesp. Pas une star ni un joueur de poker habitué des grands tournois, juste « un gars qui joue au poker » et qui a déclaré être au poker « ce que Trump est à la politique : un amateur”. Allure de papy souriant et excentrique, affectionnant les chemises à patchwork colorées (surnommé par certains le « funny coat guy »), Panama à peine vissé sur la tête, John Hesp est un Britannique de 64 ans père de 4 enfants et grand-père de 7 petits enfants.  Il est originaire de Brindlington où il vend des camping-cars. Ce papy sympa a terminé à la quatrième place du Main Event aux WSOP et a rafflé 2 millions de dollars, la deuxième plus importante somme remportée par un britannique.

Son parcours évoque celui de Chris Moneymaker, un comptable du Tennessee et joueur amateur qui a emporté les WSOP (World Series Of Poker) en 2003 et un peu plus de deux millions de dollars.  Après l’effet Moneymaker donc, l’effet le « Hesp Effect ». Différence : l’âge. John Hesp est l’un des joueurs les plus âgés d’un circuit dominé par de jeunes joueurs. « L’effet Moneymaker » et le poker en ligne ont en effet contribué à donner un nouvel élan au poker et attiré une nouvelle génération de de jeunes joueurs de poker.

John Hesp est un personnage sympathique qui fait l’unanimité. Sa personnalité a apporté une bouffée d’air frais et de la couleur au tournoi. Sa victoire a été saluée par des grands noms du poker comme Phil Hellmuth qui a déclaré : “Nous avons besoin d’un gars comme Hesp à la table finale”. Danielle Anderson a quant à elle remercié Hesp sur Twitter d’avoir « ramené du fun dans le poker ».

Participant improbable, John Hesp était jusque-là un joueur de loisir. Et s’il n’était pas habitué des grands Casino (il n’est venu à Las Vegas que 4 fois avec des copains), il était un habitué du « Napoleon », le casino de Hull (dans le Yorkshire). Le plus gros gain qu’il ait remporté avant d’empocher les deux millions : 700 £ à Hull ! Et il se retrouve soudain propulsé dans le monde des pros. Il engagera 10,000 dollars pour participer aux WSOP et il a déclaré qu’il aurait déboursé cette somme deux fois pour réaliser son rêve. Première fois dans un grand tournoi, il empoche deux millions et n’en croit pas ses yeux lorsqu’il regarde son compte en banque. Avec cette somme, il souhaite gâter sa famille, à commencer par sa femme.

Son histoire, il la qualifie de “feel good story “. La rencontre de deux mondes, celui d’un vendeur de camping-cars du Yorkshire et de « Sin City » a inspiré les producteurs de cinéma. Tous les ingrédients sont en effet réunis pour réaliser un biopic sur le gars qui jouait au poker au « Napoleon » avant de devenir une star à Vegas. Contacté par des studios d’Hollywood, il semblerait qu’il ait préféré signer avec un studio de production britannique.

Il entend bien surfer sur cette célébrité nouvelle pour faire revivre le tourisme à Brindlington. En attendant il est retourné jouer au « Napoléon » pour des mises de 10$ ! « Personnellement, je préférerai que mon personnage soit incarné par George Clooney » conclut-il dans un rire !

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